Népal – J10 – Trek 6 – Manaslu – Lho – Sama Gompa.

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18 Novembre 2012 – Lho (3180 m).

La nuit a été fraîche. A 3 heures du matin j’ai été réveillée et il faisait 6°C dans la chambre. Je n’ai par contre absolument pas froid dans mon duvet, j’ai des chaussettes légères aux pieds, un slip et un tee-shirt Icebreaker. Je me suis rendormie jusqu’à 6 heures, heure où le jour se lève sur Lho, et de ma fenêtre le paysage est superbe. Un léger vent venant du Manaslu agite avec douceur les drapeaux-bannières multicolores et le village s’éveille tout doucement. Quelques fumées s’échappent des cheminées de fer, des chiens aboient.

A 6h30 le soleil se lève déjà sur le Manaslu et le Naike Peak.

Après un petit déjeuner composé de 2 oeufs au plat et d’un beignet que j’ai plongé dans du miel liquide (miaaammmm !), nous partons à 8h pour Sama Gompa et allons faire un petit saut jusqu’au pied du Pungyen glacier soit environ 8h de marche en tout.

A la sortie de Lho, nous avons une vue imprenable sur le Manaslu ainsi que le monastère de Ribung. Nous sommes vraiment chanceux avec le temps, depuis le départ, nous n’avons que du soleil et quasiment pas un nuage !

 

Nous amorçons une petite descente et s’ensuit, pendant 1h30, une montée assez raide à travers des sous bois. Les rivières sont gelées par endroit et même des stalactites sont visibles. Les passages de quelques ponts de bois sont délicats car verglacés.

 

Cette montée est assez rude à cause de l’altitude qui se fait très bien sentir. Bien que je n’ai jamais été en sur-régime, je me demande si je ne devrais pas aller directement à Sama Gompa.

Le pique-nique que l’on nous a donné (afin que les porteurs et le cuisinier aillent directement jusqu’à Sama Gompa sans nous suivre) est plus que succint. Une tranche de pain de viande, une tranche rectangulaire de fromage, un petit chapati et une mandarine. Je ne tiendrai jamais le coup jusqu’au glacier même avec mes trois barres de céréales en complément dans mon sac à dos.

Soyez toujours à l’écoute de votre corps. Mon instinct me dit de ne pas aller jusqu’au glacier. 

Arrivée à Shyala (3500 m) à 10h30, le village où nous aurions dormir hier (à la place de Lho). Le village a des allures de village fantôme. Nous ne croisons aucun habitant à l’exception de ceux qui gèrent l’unique guesthouse du village. Ashok a bien eu raison de nous arrêter à Lho.

Deux tibétains jouent à un jeu particulier melant coquillages, pièces d’argent et des dés : c’est le jeu de Sho (Sho = Dés en tibétain). Le rituel revêt une importance  égale à la règle elle-même. Il convient de s’y conformer notamment en utilisant le vocabulaire adéquat.

Le jeu de sho se joue à 2 ou 3 joueurs ou bien à quatre groupés en deux camps. L’objectif est  d’être le premier à sortir ses 9 pions du plateau. Les pièces de monnaie (3 sortes) représentent les pions des joueurs.

Le choix du joueur : le joueur qui commence le jeu est déterminé par NGA GEN et CHI SON, ce qui signifie que le  matin, c’est  au plus agé de commencer et l’après-midi ou le soir c’est au plus jeune.

Préparation : étaler le tapis  et positionner en son centre le coussin en cuir de Yack. Répartir en cercle autour du coussin les 64 cauris (coquillages)  qui représentent le parcours ; chaque joueur prend 9 pièces.

A son tour, le joueur met les dés dans le bol et les fait tourner rapidement puis il abat « violemment » le bol sur le coussin en cuir ; il convient d’accompagner  ce geste de diverses « incantations », il est même recommandé de les crier !

C’est le joueur suivant qui découvre les dés du joueur précédent en soulevant le gobelet pour lui. Vous suivez ? Dans la même veine, tout en étant adversaire, on reste solidaire. Par exemple, on  peut écarter du jeu les pions des autres joueurs que lorsqu’on a pas d’autres choix ! La priorité est d’avancer pas d’éliminer les autres.

Il existe trois types de mouvements :

déplacer : on déplace une pièce (ou pile de pièces) du nombre obtenu par  les dés (chaque espace entre deux coquillages symbolisant une « case » du parcours) ;

ajouter : on déplace une pièce (ou pile de pièces) du nombre obtenu par les dés en l’amenant sur une autre de ses pièces. Quand l’on a réussi à ajouter  (empiler des pièces) ce groupe se déplace comme une seule pièce ;

tuer : on déplace une pièce (ou pile de pièces) du nombre obtenu par les dés en l’amenant sur une pièce  (ou une pile de pièces) adverses, la où les pièces adverses sont retirées du jeu. Le joueur  qui « tue » peut  rejouer (sauf si l’adversaire n’a plus de pièces sur le parcours).

Je prends la décision d’aller jusqu’à Sama Gompa avec les porteurs et Taïshi. Le reste du groupe ira jusqu’au glacier.

Après une pause de 15 minutes à Shyala, une très belle vallée se profile devant moi. Sama Gompa est à 45 minutes de marche et c’est relativement plat. C’est tant mieux pour moi car je peux ainsi bien récupérer de la montée et continuer à parfaire tranquillement mon acclimation.

 Sama Gompa (3520 m) est un superbe village (aussi beau que celui de Lho) et est très rustique. Les maisons sont en pierre et en bois.

Un chorten se trouve au milieu du village avec d’innombrables manis de différentes tailles et finement sculptés aisni qu’un long mur de prière. La vie locale est trépidente à 11h30. Les femmes ramassent les bouses de yack qui serviront de combustibles pour la cuisine, pendant que les hommes vont chercher le bois pour se chauffer. 

Le lodge, où nous logerons deux nuits, est très beau de l’extérieur. Il se trouve face au Manaslu et le Naîke Peak. Nous sommes gâtés par le panorama. Je mange de suite une soupe avec des noodles, le pique-nique ne me fait pas du tout envie à part le fromage et la mandarine. J’engloutis 500 ml de Coca-Cola acheté ce matin à Lho pour 140 roupies (1,2 Euros) contre 200 roupies à Sama Gompa (1,8 Euros).

Pas d’eau chaude au lodge comme annoncé sur son panneau puisque pas de courant au village à cause du très faible débit hydro-éléctrique. Je me lave très rapidement tellement l’eau est glacée.

Bien que nous soyons à 3520 m et que le soleil tape fort, il y  fait 25°C à 13h, un léger vent frais m’empêche de me mettre en short.

La chambre est très spacieuse mais glaciale ! 5°C à 14h !?!  Le lodge est en fait très mal exposé, les fenêtres arrières donnent à l’Est et les fenêtres avant à l’Ouest. De ce fait, le soleil ne parvient pas du tout à chauffer la pièce.

Je profite de l’après-midi pour me reposer au soleil, écrire les cartes postales, faire une petite marche dans le village et bien m’hydrater en buvant beaucoup d’eau. A 15 heures, le soleil se cache derrière le Manaslu plongeant le lodge à l’ombre, la température chute de façon vertigineuse pour passer de 22°C à 13°C. J’enfile ma doudoune North Face et des gants en laine.

Le groupe revient de la marche à 16h bien fatigués. Ils sont montés à 4000 m et certains présentent des maux de tête. Je ne regrette pas du coup d’avoir changer mon itinéraire.

Je profite du téléphone de l’office de tourisme du Manaslu Conservation Area pour donner mes premières nouvelles en France depuis le départ du trek (100 Roupies la minute soit 90 centimes d’euro).

Ma camarade de chambre se plaint de nausées et part se coucher sans dîner.

Dîner aux chandelles dans le réfectoire bondé, souvent les mêmes trekkeurs au fil des jours. Nous discutons beaucoup ensemble, beaucoup d’allemands, 1 couple de français, et la discussion tourne toujours autour du trek. L’ambiance est très bonne malgré la température glaciale à l’intérieur. Au menu ce soir : soupe, spaghettis à la sauce tomate et morceaux de thon, fromage et en dessert un quartier de mangue au sirop et …… Black Tea bien sûr !

Nous avons grasse matinée demain matin.

Couchée à 20h30, il fait toujours 5°C dans la chambre et 8°C dehors. Brrrrrrrr ….

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