Mongolie – J18-J19 – Lac Khovsgol

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Un grand soleil nous accueille à notre réveil par contre dans la yourte il fait frais. Le poêle est complètement éteint. J’ai dormi comme un bébé dans mon duvet doublé ; il faut dire que le matelas est épais et qu’il y a également une couverture en polaire en plus.

Aujourd’hui, nous allons nous balader à cheval accompagnés de 3 yacks et leurs charrettes comme si nous allions déménager à la mode Mongole. Nous transporterons une yourte  que nous monterons nous-mêmes au bord du Lac Khovsgol et où nous y dormirons  la nuit prochaine.

Durant 2 bonnes heures, nous marchons au pas des yacks avec un guide, un cuisinier et 2 assistants du camp de touristes ainsi que Jargal qui nous sert de traductrice. Un des yacks, celui ayant la charrette la plus lourdement chargée, me fait un peu de peine dans les montées. Il tire la langue et on aimerait l’aider …

La balade est magique à travers la forêt.

Nous atteignons notre emplacement ; où nous monterons la yourte ; située au bord du lac Khovsgol à une dizaine de kilomètre du camp de touristes, un paysage magnifique s’offre à nous.

La yourte ou Ger se compose d’une structure en bois recouverte de feutre posé non tendu. L’armature de bois de la yourte ne comporte aucun clou. Elle comprend plusieurs treillis, entre 4 et 5 selon la taille de la yourte, et d’une hauteur de 1 mètre 50. Un treillis est constitué d’une trentaine de lattes entrecroisées et reliées entre elles par des lacets en cordes ou en cuir. Entre deux treillis s’insère le chambranle de bois de la porte, fixé par une corde très serrée. La porte est toujours dirigée vers le Sud. Au sommet des treillis, l’intersection des lattes accueille les perches du toit. Les perches se fixent au treillis par une sangle nouée à l’extrémité supérieure des lattes. A l’autre extrémité, elles s’emboitent dans l’anneau de compression, sans  y être attachées. L’assemblage tient grâce à la pression des perches incrustées dans l’anneau central. On recouvre l’architecture en bois de plusieurs pans de feutre, le toit et le tour de la yourte en nécessitant deux. L’avancée du froid entraîne l’ajout d’épaisseurs supplémentaires. On peut parfois lester l’anneau de compression avec une corde et une pierre attachée au bout. Les poteaux servent parallèlement à soulever l’anneau de compression lors du montage. Situés au centre de la yourte et entourant le poêle, ils délimitent l’espace où rien ne doit couper, que l’on ne doit ni traverser, ni diviser. On ne donne rien entre les poteaux, qu’il fait toujours contourner.

Il faut environ une heure pour la démonter et ensuite trois à quatre heures sont nécessaire pour la remonter et la ranger sur un nouveau campement. Le temps de montage ou de  démontage, dépend du nombre de personnes. Ces activités impliquent tous les membres du campement et les voisins disponibles. Selon l’usage, celui qui vient à passer près d’un déménagement doit s’arrêter et aider, même s’il ne connait pas la famille.

Notre yourte de petite taille a été montée en une petite heure. Heureusement que les assistants étaient là, toutes les perches tombaient facilement.   Et nous avons terminé le montage en y insérant le poêle et la cheminée.

Diaporama du montage de la yourte
 

 

Le temps que le cuisinier, qui n’est pas Miga, prépare le déjeuner, nous en profitons pour nous promener le long de la rive du lac Khovsgol.

Le cuisinier nous a concocté un très bon déjeuner. Au menu, une soupe et un plat de poisson blanc (pêché dans le lac)  accompagné de nouilles chinoises.

En début d’après-midi, le guide local nous propose d’aller voir un éleveur de rennes. Nous marchons à travers les bois et les petites clairières fleuries. Des fleurs multicolores jonchent le sol. Myosotis, Ciboulette, Asters, renoncules, boutons d’or … C’est très bucolique !

Après un trentaine de minutes de marche, nous apercevons au loin, au bord du lac, un tipi et quelques rennes. Nous y sommes !

Les Tsataans ; littéralement « peuple de rennes » ; regroupent environ une soixantaine de familles. Les Tsataans vivent dans les montagnes de Saïan au nord du lac Khovsgol, l’une des régions les plus inaccessibles du monde. Ce peuple aux traditions ancestrales ne vit pas sous des yourtes en feutre mais dans des tipis dont l’armature de branches et d’écorce de bouleau est simplement recouverte de peaux. Ils n’ont d’autre besoin que le renne pour assurer leur subsistance. Leurs animaux, de grands rennes domestiques souvent croisés avec leurs congénères sauvages, servent de montures, de bêtes de charge et de gibier. Les Tsataans se nourrissent essentiellement de viande et de lait de renne. Ils se servent également des fourrures de leurs bêtes pour confectionner des vêtements chauds.

 

 

Un couple « Tsataan » nous accueille à l’intérieur de leur habitation. Il n’y a aucun mobilier à part deux lits. De la viande séchée est suspendue sur le côté droit au-dessus de la cuisine. La très belle femme Tsataan nous offre le thé et du pain.

Je suis très intriguée par la faible épaisseur des « murs » du tipi, l’hiver cela doit être terrible !

 

 

 

Avec l’aide du guide local et de Jargal, nous discutons longuement avec eux. Ils ne sont ici que pour l’été et vont repartir très bientôt rejoindre leur famille/communauté  dans leur campement d’hiver dans le montagnes tout au nord du Lac Khovsgol à la frontière avec la Russie.

Encore un autre beau moment de partage qui laissera une marque indélébile dans ma mémoire …

Nous regagnons notre yourte en surplombant ce majestueux lac Khovsgol qui en impose par sa dimension et la couleur de l’eau quasi turquoise.

Le lac est profond de 262 mètres par endroit et possède à lui 2% de la totalité d’eau douce existante sur terre.

Je profite d’y mouiller mes jambes mais l’eau est … glacée !

J’écris ce récit au bord de l’eau avec le doux son des clapotis des vagues qui viennent se jeter sur les galets. L’atmosphère est très reposante. De l’autre côté du Lac, les montagnes dominent avec leur chapeau de nuages, tandis que de notre côté dominent des vallons boisées avec ici et là une ou deux yourtes.  Un troupeau de vaches passe tout près du camp, le taureau n’arrête pas de meugler à tout va, il doit être en plein rut ! Les assistants avec leurs chevaux vont les emmener plus loin et vont aussi profiter de visiter les yourtes que nous voyons depuis le camp et qui, à vue d’œil, se trouvent entre 3 et 5 km d’ici.

Le temps est toujours aussi beau. Il doit à peine faire 20°c et un léger vent frais nous enveloppe.

Nous dînons autour d’un superbe feu de camp. Au menu des brochettes de bœuf. Mon dieu, ce fut succulent ! Il faut dire que jusqu’à maintenant nous n’avions mangé que de la viande de mouton.

Nous veillons longuement autour du feu et profitons aussi d’un coucher de soleil idyllique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et nous nous couchons ensemble dans une yourte surchauffée !!!

La nuit sera un peu agitée à cause des bruits de la forêt, des yacks, des chiens et des ronflements !  

J19 – Mardi 28 Juillet 2009

Nous nous levons tous à 7h30 sous un soleil radieux, il fait bon dans la yourte malgré le poêle complètement éteint.

La nature est idyllique autour de nous. L’eau est d’une clarté …

Nous prenons le petit-déjeuner autour du feu avec un millefeuille de crêpes à la confiture de myrtille !

Nous mettrons quasiment une heure pour démonter la yourte et nous faisons le chemin inverse avec un petit détour pour les chevaux afin d’allonger la balade jusqu’au camp de touristes.

Après le déjeuner au restaurant, nous nous essayons au tir à l’arc mongol.

Nous tentons de tirer sur une peau de chèvre suspendue à deux poteaux de bois, sans succès sauf pour Senghé et Miga !

La suite de l’après-midi est mise à profit pour préparer notre petite fête d’adieu marquant la fin du circuit routier avec une partie de notre équipe :  Senghé, Lala et Miga.

Entre deux gorgées de bière mongole, nous faisons divers petits jeux et quelques-uns d’entre nous remettons un petit cadeau à chacun d’eux en remerciement de leur travail et de leur  partage.   

Nous terminons la soirée en dansant dans la salle du restaurant transformée en piste de dance.

Difficile de croire que le voyage touche bientôt à sa fin …

 

Suite du Récit :  J 20/ 29 Juillet 2009 – Lac Khovsgol – Ulaan Baatar

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