Mongolie – J12 – Vallée de l’Orkhon (2)

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« Un Mongol sans cheval est comme un oiseau sans ailes. »

Proverbe Mongol

Depuis deux jours, nous en prenons plein les mirettes côté paysages. Nous sommes réveillés soit par les grognements des yacks, soit par le crépitement de galops des chevaux. Le bruissement de la rivière en contre bas de la  yourte est propice à la méditation. Un yack s’y abreuve pendant que Miga s’affaire à préparer dans une yourte pour le petit déjeuner des galettes (façon blinis) et la famille nous offre le beurre de sa production.

 Après le petit-déjeuner, il nous est offert au choix une  randonnée pédestre ou une randonnée équestre jusqu’aux chutes de l‘Orkhon.

Lequel d’entre nous n’a jamais rêvé de chevaucher dans cette immensité accompagné de troupeaux sauvages sur les traces de ce peuple cavalier où l’on est en selle avant de savoir marcher ?

Monique et moi-même optons pour la chevauchée mongole, tandis que le reste de la troupe préfère marcher.

Notre cavalier-guide nous prépare les chevaux. Il a une allure incroyable avec sa casquette et sa deel (long manteau traditionnel) marron.  A peine montée sur mon cheval,  celui-ci décide de n’en faire qu’à sa tête, est très nerveux. Il ne m’inspire pas confiance et je demande à changer de suite. Le deuxième cheval  … Une crème ! Le courant passe super bien entre nous.

La ballade est superbe à travers cette magnifique vallée au riche passé historique. La vallée de l’Orkhon longue d’une centaine de kilomètre est considérée comme le berceau de la Mongolie, à l’époque où c’était un carrefour de civilisations entre les Turcs, les Kirghizes et les Mongols. La prise en main du cheval est plutôt rapide malgré mon niveau de débutant : on marche au pas, on trotte pendant plus d’une heure jusqu’aux chutes.

Les chutes se trouvent sur cette rivière de l’Orkhon. Elles se sont formées à la suite d’éruptions volcaniques et de séismes vieux de  20 000 ans environ.  Il arrive souvent l’été qu’elles soient asséchées. Nous y faisons une halte de 45 minutes.  Des gens s’y baignent mais l’eau est glacée ! J’y trempe juste mes jambes jusqu’à hauteur des genoux. Le site est magnifique, la chute doit bien faire une trentaine de mètres de hauteur sur 5 de largeur.

Au retour, avec de l’assurance, on se lance au galop. Difficile de décrire cette incroyable sensation de liberté lorsqu’on est au galop en pleine steppe entourée de montagnes, de purs moments de plaisir !!!

Au déjeuner, la famille nous a préparé des « Hushuur ». Ce sont des beignets farci à la viande de mouton. Le beignet a la taille d’une main allongée et est accompagné d’une petite salade de chou.

Succulent !!!  Même si je n’ai pas pu finir, nous en avions 4 chacun.

L’après-midi étant libre, j’en profite pour laver des affaires  comme les pantalons. Avec le vent qui se souffle quasiment en permanence, tout est sec en 1 heure.

La famille nomade nous offre pour le dîner une chèvre. Elle sera tuée et dépecée par Senghé, maître dans l’art d’après Jargal.

Je n’assiste pas à la mise à mort de peur d’être toute retournée : l’animal n’est pas égorgé au cou, la méthode barbare comme je le pensais ; mais par une petite incision sous le ventre, Senghé passe sa main jusqu’àu coeur  pour sectionner l’aorte . L’animal ne doit pas crier, ni son sang être versé sur le sol. Se concentrant dans l’abdomen, le sang servira à faire du boudin.

Par contre j’assiste au dépecage . Bien que la bête soit morte, Senghé reste très respectueux de la dépouille. La préparation se fait sans tâche, pas une goutte de sang n’est perdue, et tous les morceaux sont récupérés même la peau. Le dépeçage suit les articulations du squelette, car il ne faut pas casser ou couper les os. Chez les mongols, préserver l’intégrité des os de la bête, comme de l’humain, permet la réincarnation de l’âme. Les femmes récupèrent et préparent  les viscères. Les personnes ayant participé à l’abattage les dégustent frais et chaud, avant la viande.

La viande sera cuite à l’étouffée avec des galets chauffés à blanc pendant deux heures et demie.

Pendant ce temps-là, nous jouons aux cartes. Nous apprenons à Lala et Jargal le Rami et eux nous apprennent l’équivalent du kilo de merde : Le premier qui possède 4 cartes de valeur identique doit faire un signe que tout le monde doit reproduire. Le dernier à réagir est bien entendu pénalisé. Au bout de trois punitions = un gage (faire la bise  à Senghé, faire le tour de la yourte à cloche-pied …)

Au dîner, nous mangeons la chèvre. La viande cuite  à l’étouffée est excellente. J’ai une prédilection pour les côtes et au niveau goût c’est beaucoup plus prononcé que le mouton.

La soirée sera très calme. La nuit s’installe sur la steppe et avant d’aller me coucher,  je m’allonge sur l’herbe et regarde les étoiles qui apparaissent les unes derrière les autres, seul le bruissement de l’eau se fait entendre … Idyllique !

 

Suite du récit : J13/ 22 Juillet 2009 –  Sources chaudes de Tsenkher 

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