Mongolie – J11 – Vallée de l’Orkhon (1)

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La vallée de l’Orkhon s’offre à nous. Nous sommes éblouies par l’immensité et la beauté des paysages, des troupeaux de yaks, chèvres et moutons à perte de vue, des chevaux galopant en toute liberté, au beau milieu du silence de la steppe.

Après un bon petit-déjeuner en plein air, nous reprenons le chemin en marchant.

Cette traversée de la vallée de l’Orkhon mérite le déplacement tant c’est spectaculaire. Les contrastes, les nuages qui caressent les sommets des collines, avec quelques yourtes ici et là parfois un village au loin (Balz Olzii ;  village où se construisent les armatures des yourtes.

La route très humide et limite boueuse est très sinueuse par endroit, Lala redouble de vigilance pour ne pas nous balloter dans tous les sens. Nous passons de nombreux gués et on roule à peine à 20km/h.

Nous nous dirigeons vers le monastère de Tovkhon.

10h du matin, les vans sont garés au parking et le décor qui nous entoure est digne du dessin animée « Heidi » : forêt constituée de pins et mélèzes et des troupeaux de chèvres.

La montée au monastère (environ 2km) ; qui s’effectue au milieu de cette forêt ; n’est pas difficile du tout, sauf que nous subissons une invasion de mouches ! Et c’est très désagréable lorsque la chaleur nous accompagne aussi. La faute aux chevaux qui montent et descendent avec des personnes âgées sur leurs dos. Le monastère est très réputé dans tout le pays et de nombreuses familles mongoles avec de très jeunes bébés y viennent en pèlerinage.

Ce monastère se situe au sommet de l’Öndör Shireet,  perché à 2312 m d’altitude. Il comptait 14 temples. Le premier fut construit en 1651-1654. Au-dessus du temple principal se trouvent un autre temple, entouré de 2 stûpas, et le temple de Büteel, seul vestige de 1654. L’ensemble du monastère est construit en bois. A l’arrière se trouve une grotte appelée le ventre de la mère, dans laquelle les pèlerins s’engouffrent.  On a juste la place pour y entrer, en rampant, faire demi-tour et en ressortir. Cette grotte est censée apporter lé fécondité.

Dans le temple principal de jeunes moines étudient les textes sous l’œil de leurs 2 professeurs. Juste avant de sortir de la salle, un moinillon m’offre un bol d’aïrak. L’aïrak est une boisson fermentée obtenue à partir du lait frais et entier de jument auquel on rajoute régulièrement celui de la traite précédente (4 à 6 fois/jour). Le taux d’alcool dépasse à peine les 2 ou 3°. C’est une boisson, disponible et consommée en quantités gigantesques dès le mois de juin et jusqu’à la fin de l’été ou le début de l’automne en fonction des régions. Je trempe juste mes lèvres tellement c’est acide.

Le monastère est inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 1996.

Le panorama depuis ce lieu est splendide, nous avons une vue sur tous les sommets alentours.

En milieu d’après-midi, nous redescendons récupérer les vans. Les mouches ont quasiment disparues, c’est beaucoup plus agréable et j’en profite pour observer la faune et la flore très généreuses ici : rouges-queues, papillons, milans, campagnols, pivoines, renonculacées, plantains, potentilles … un régal pour les yeux.

En fin de journée et après une bonne heure de route, nous sommes à la recherche du camp où une deuxième famille nomade nous accueillera pour deux nuits. La famille possède plusieurs camps de yourtes disséminés le long de l’Orkhon.

Une fois trouvé, nous prenons possession de nos 2 yourtes sur les 3 réservées aux touristes.

Le camp est situé au bord de la rivière sur une grande plaine herbeuse entouré de yacks, chevaux, moutons, chèvres …

Les jeunes enfants mongols s’occupent des bêtes et les mères traient les yacks …

La plaine est très venteuse mais le temps est au beau fixe.

Nous profitons de suite de la rivière pour faire une petite lessive.

A l’apéro, la famille nous offre un bol d’alcool de lait appelé le «Arkhi» et ensuite un bol de thé au lait de yack.

Pour préparer le « Arkhi », on utilise un lait fermenté (le « tarag » yaourt de vache ou de yak). Ce lait fait alors l’objet d’une distillation qui représente l’une des activités de l’automne. Cependant, il n’est pas rare de voir dans certaines régions des familles distiller en été, la preuve nous avons pu y gouter !)

L’alambic se compose d’un chaudron (togö) dans lequel est placé le lait fermenté, d’un chapiteau ou tonneau de bois (bürkhër) qui repose sur le chaudron. Un second chaudron rempli d’eau froide repose au-dessus du tonneau séparé de celui-ci par un morceau de tissu qui permet une fermeture hermétique des interstices. A l’intérieur du tonneau est accroché dans le haut, tenu de part et d’autre par un lien, un petit récipient dans lequel redescendra l’alcool sous l’action du feu conjugué à l’eau froide. Cet alcool atteint environ 16 degrés. Cela dit, il peut être soumis à des distillations supplémentaires, chacune renforçant le degré d’alcool : ainsi l’artz, produit de la seconde distillation, peut atteindre 30° d’alcool. L’ «arkhi» est généralement réservé aux personnages que l’on se doit d’honorer : il symbolise, dans la hiérarchie des boissons mongoles, le niveau de considération le plus élevé !

Pour ne rien vous cacher, je préfère le thé au lait !

Nous dînons à l’intérieur de la yourte, le vent étant trop fort pour rester dehors. La famille nous offre du mouton et ensuite nous veillons tous ensemble, y compris les touristes qui occupent la 3ème yourte et qui sont français. Monique offre une bouteille de vodka achetée à Karakorum et nous recommençons notre ballet de chansons. La chanson Mongol Ayunii Shuvrud, l’Auvergnat …  chacun notre tour entre 2 verres de vodka mongole.  L’autre groupe ayant aussi apporté une bouteille, ce sont 2 bouteilles que nous viderons à 22 !

Oui vous avez bien lu nous étions 22 dans la même yourte. Des voisins ayant entendus les chants se sont joints à nous.

Ce fut une soirée magique et riche en émotions. Découvrir ce peuple curieux, généreux, qui entre dans la yourte sans frapper et du pied droit s’il vous plait, ce peuple pour qui l’accumulation des liens sociaux ne semble pas avoir d’égal a été une expérience absolument exceptionnelle.

Je m’endors avec une ritournelle de chansons mongoles en tête …

 

Suite du récit : J12/ 21 Juillet 2009 – Vallée de l’Orkhon (2)

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