Mongolie – J3 – Ulaan Baatar – Route vers le désert de Gobi

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« C’est dans la steppe qu’est la liberté, c’est dans la steppe qu’est le bonheur. »    Proverbe Mongol

Nous partons pour 3 jours de route en direction du Désert de Gobi. Notre équipe locale s’est agrandie : en plus de Jargal et Lala, Senghé notre 2ème chauffeur et Miga notre cuisinier ; nous ont rejoint. Nous faisons la route dans des vans russes 4×4 UAZ10 parfaitement adaptés pour ces pistes sinueuses et bosselées.

8h du matin sous un ciel nuageux, première journée de 270 km environ et 6 heures de route en direction des montagnes de Baga Gazriin. Nous quittons Ulaan Baatar et ses barres sovietiques pour la steppe à perte de vue.

La route principale indiquée sur la carte est une simple piste de terre.

Les paysages qui s’offrent à nos yeux sont magnifiques. Nous croisons ici et là des troupeaux de chevaux, de vaches ou de moutons qui paissent en totale liberté et parfois accompagnés de leur berger à cheval ou à moto. Je hume l’air frais et humide mongol. Le paysage vert à perte de vue me donne un léger vertige, une sensation très agréable de bien-être et d’ivresse. J’ai du mal à réaliser que nous sommes en Mongolie.

Nous nous arrêtons devant un ovoo où il y a d’innombrables bouteilles de vodka, des béquilles et des crânes de chevaux.

Le culte de l’ovoo est très pratiqué en Mongolie. Un ovoo se dresse près de chaque source consacrée, sur le sommet des plus hautes montagnes, sur certains lieux historiques ou sur des sites singuliers. S’arrêter à un ovoo et y déposer quelques offrandes favorise les bons auspices de la route à parcourir. Le rituel consiste à tourner trois fois autour de l’ovoo, dans le sens des aiguilles d’une montre et à y jeter quelques cailloux. En honorant l’ovoo l’homme place son destin entre les mains de l’esprit qui l’habite. Il se met alors sur un pied d’égalité avec la nature, ne se sent pas supérieur à elle. Tout au long de la route dès que nous croisons un ovoo et que nous n’avons pas le temps de nous y arrêter, Lalla ; notre chauffeur ; klaxonne 3 fois.

1er pique-nique en plein air : Le temps que les équipiers installent la table et les chaises, nous montons en haut de la cime afin d’y admirer le paysage certes sous les nuages mais vraiment superbe.

Aigles, grues et mulots pullullent dans ce coin de la province de Töv Aïmag. Nous nous arrêtons à Zorgol Haïrhan au bord d’un lac salé. Encore quelques kilomètres et nous entrons dans l’aïmag de Dundgov’. Nous nous arrêtons à nouveau à cause d’un regroupement de chevaux et de jeunes mongols. Nous assistons à un Naadam provincial, les jeunes vont refaire une course beaucoup plus courte que celle de la veille et nous sommes les seuls touristes.

Tout à coup une tâche noire apparaît à l’horizon et s’agrandit très vite. On distingue petit à petit les cavaliers qui s’agitent frénétiquement et agitant leur corde/cravache dans tous les sens. La foule crie et les chevaux passent devant nous. Le premier franchit la ligne sous nos clameurs. Nous avons succombé à la folle ambiance. Un regard, un sourire … Nous venons de vivre une belle communion avec eux.

Et le voyage ne fait que commencer !

Nous reprenons la piste pour poursuivre notre route vers le désert. La végétation change complètement pour être plus sèche. Petite halte dans un monastère construit dans une montagne de granit et complètement détruit dans les années 1930 par le communisme russe.

21 heures : Nous arrivons au pied de Baga Gazriin. Nous sommes à 100km environ au nord de Mandalgovi.

Baga gazriin chuluu est une étonnante formation de granit qui culmine à 1 768 m. D’immenses rochers de couleur ocre y forment des dédales naturels. Ce spot pointe ses hauts et improbables rochers érodés par les éléments souvent violents dans la région, offrant la vision d’un paysage chaotique. Ce lieu est sacré aux yeux des Mongols puisqu’au 19è siècle deux moines vivaient là ; ils y ont laissé des dessins et d’autres inscriptions rupestres comme marques de leur passage.

Avec Irène, nous montons notre tente pendant que Miga prépare le dîner sous la tente Mess jaune pétante. Lala et Senghé profitent aussi du moment pour réparer le ventilateur qui montrait quelque signe de faiblesse aujourd’hui.

Nous sommes tout simplement nomades parmi les nomades, car l’espace (et il n’en manque pas !) est ouvert à tous. Pas de barrières, pas de terrains privés. Chacun est libre de s’arrêter et de camper où et quand bon lui semble. Cela donne une grande liberté et une souplesse dans notre organisation, ce qui permet de s’adapter aux aléas du voyage, mais aussi et surtout quelques fois à nos propres désirs. Et il n’est pas rare, au bivouac, d’avoir la visite d’un cavalier nomade, venu en voisin échanger ou partager notre bol de thé. Oubliez la douche quotidienne ! La toilette pourra se faire près des lacs, des rivières ou des sources chaudes que nous rencontrerons sur notre route.

Au menu ce soir : Carottes râpées et nouilles à la viande accompagnées d’un verre de vodka mongol 38% offert par l’équipe pour fêter le Naadam. L’équipe est très enjouée, nous discutons beaucoup avec eux et avec l’aide de Jargal pour la traduction. Les animaux que l’on peut trouver dans le coin, l’âge qu’ils ont … : Senghé a 64 ans et a été un ancien lutteur (on a bien vu ses beaux muscles !)

 

Coucher à 23 heures sous un ciel étoilée

Suite du récit : J4/ 13 Juillet 2009 – Route vers le désert de Gobi (suite)

 

 

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