Ladakh – La vallée de la Nubra

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Mercredi 12 Septembre 2007

Leh – Vallée de la Nubra.

Aujourd’hui est un grand jour car nous allons emprunter la route carrossable la plus haute du monde.

Au départ de Leh, à 3500 m, la route s’élève dans le paysage désertique propre à tout le Ladakh. Elle va monter jusqu’au Khardung La (« La » = col) qui culmine à 5602 m. C’est plus haut que notre Mont-Blanc !  Le panorama est grandiose, la démesure des chaînes montagneuses himalayennes laisse le spectateur que nous sommes pantois et béat.

 

La vallée de la Nubra est le point le plus au nord de l’Inde. Cette large vallée à fond plat est à 3000m au dessus du niveau de la mer, soit 500 m de moins que la vallée de l’Indus à Leh. Les températures y sont donc plus élevées. Son surnom de  » Vallée Interdite » vient du fait que l’armée a interdit tout accès à quiconque jusqu’en 1995 pour deux bonnes raisons :

1 – il a fallu arrêter l’armée chinoise à l’est qui après avoir envahi le Tibet, a aussi envahi les hauts plateaux ladakhis du Chang Tang,

2 – il faut arrêter l’armée pakistanaise à l’ouest qui après avoir envahi le Baltistan, occupe la vallée de la Shyok et le glacier du Siachen dans la haute vallée de la Nubra.

Pour accéder à cette vallée où se trouve le confluent de deux rivières ;  la Nubra et la Shyok, toutes deux issues des glaciers qui descendent du K2 (le 2ème sommet du monde à 8611 m.) ; il faut posséder un permis spécial  délivré par le District Magistrate de Leh.

Nous en avons un qui nous autorise à aller uniquement dans la partie grise de cette carte :

Il nous faudra 7 heures de route en tout (pause repas et arrêt check post compris) pour rejoindre Panamik.

 

En remontant la rive gauche de la Nubra, la voiture roule enfin à plat au fond de cette vallée au milieu d’un surprenant désert de galets ronds où l’on peut croiser des chameaux de Bactriane en liberté.

Panamik se trouvait sur la route caravanière qui reliait Leh à Kasghar (l’une des grandes villes sur la principale Route de la Soie, actuellement en Chine), en passant par 5 cols à plus de 5000 m d’altitude dont le Karakoram Pass à 5600 m. De ce fait, ce village servait d’escale aux caravanes et ses sources d’eaux chaudes devaient certainement constituer un délice particulier après la rude traversée des montagnes !

Outre la récolte du blé ou de l’orge, nous croisons de très nombreuses Ladakhis en train de cueillir des baies rouges dans des arbustes et qu’elles portent ensuite dans leur hotte. C’est une variété de baies d’arbousier que les ladakhis transforment en confiture ou bien les laissent fermenter pour obtenir une petite boisson alcoolisée. On y cultive aussi la moutarde, il y a des graines qui sèchent au soleil au camp !

 Jeudi 13 Septembre 2007

Panamik – Hundar

Après un bon petit-déjeuner, nous allons effectuer une nouvelle marche pour monter à Ansa, un ancien temple Ansa perché en face de notre camp de l’autre côté de la rive.

Après avoir passé un nouveau check-point et un pont tout neuf, la voiture nous laisse en contre-bas du Monastère.

La marche est difficile car le sentier est raide et très étroit, parfois le précipice est sous nos pieds !

Nous mettrons 2h30, visite comprise, pour faire l’aller-retour.

Nous reprenons la voiture pour revenir sur nos pas de la veille.

Arrêt à Sumur qui possède un très beau monastère, le Monastère de Samterling.

 

Le Dukang et le Gonkang sont décorés de magnifiques statues et de fresques remarquables, où le Bouddha bleu, Bouddha de la médecine, tient une grande place.

Sur le parvis qui domine la vallée, des moines enlèvent des puits les récoltes de l’année dernière pour la remplacer par celle de cette année. En contre-bas, nous entendons les incantations des moinillons qui étudient les textes sacrés dans l’école. Nous les verrons plus tard faire une pause sous le regard bienveillant de leur professeur.

Nous terminons la route pour nous retrouver de l’autre côté du versant de la vallée de la Nubra, le long de la rivière Shyok, à l’autre extrémité à Hundar.  Le camp est à 5 minutes à pied du pont dont nous avons interdiction de passer le pont. Quelques kilomètres plus loin, c’est la zone interdite !

Il a encore fait très chaud aujourd’hui, plus de 30°C, et nous avons aperçu sur la route des dunes de sable, nous sommes bel et bien en plein désert ! 

La marche de 4 heures dans les dunes demain matin risque d’être éprouvante pour l’organisme.

En fin de journée, nous faisons une petite ballade dans les gorges au-dessus de Hundar et qui longe la zone interdite aux étrangers

Après le dîner, je me suis installée dans un hamac mis à la disposition par le camp.

 

J’ai admiré encore et encore cette majestueuse Voie Lactée. Nous sommes tout petit dans cet univers !

 Vendredi 14 Septembre 2007

Hundar – Diskit

La nuit a été très humide car il y a des gouttelettes d’eau à l’intérieur de la tente. La lumière du matin donne des ombres fantastiques aux montagnes alentours.  Nous prenons le petit-déjeuner en plein air.

8h, nous entamons  une marche de plus de 4 heures parmi la caillasse dans le village de Hundar en passant par les dunes de sable jusqu’à Diskit distant de 7 km. Le soleil pointe à peine que la chaleur nous tombe dessus. La marche est facile, j’y trouve un joli cœur en pierre et je le mets dans ma poche pour le garder en souvenir de ce merveilleux voyage.  Les images avec Susan me reviennent à l’esprit.  Puis j’en trouve un autre ; beaucoup plus grand et trop lourd pour être rapporté ; si bien que je le prends en photo.

Une fois les dunes atteintes, la marche est un peu plus difficile. Impossible de marcher pieds nus, le sable est trop chaud.

 

Au bout de 2 heures de marche, nous faisons une petite pause en plein cagnât. Et nous improvisons même une partie de pétanque avec quelques pierres !!  Un berger et son troupeau de chèvres passent d’un pas énergique soulevant le sable derrière eux.  Puis vers midi, Diskit est en vue.

 

Nous traversons le village et son bazar pour nous diriger de suite vers le camp afin de nous sustenter et nous reposer.

Le camp est situé au pied du monastère de Diskit au beau milieu de roses trémières blanches doubles et de dahlias jaune-orangé.

L’après-midi, nous visitons le monastère gelukpa d’où l’on peut admirer un très beau point de vue sur la confluence entre la Nubra et la Shyok.

Un bouddha géant en plein air est en cours de construction, je trouve cela très dommage car cela va dénaturer  le bel environnement qui nous entoure.

 

C’est notre dernière soirée avec l’équipe locale qui nous suit depuis le début des camps. Le cuisinier nous a préparé un beau gâteau au chocolat et aux noix avec écrit dessus « HAPPY LAST DAY ».                 

Une chose que l’on peut dire, c’est que nous avons mieux mangé en camp qu’à l’hôtel : 

Au petit-déjeuner, nous avons toujours eu du vrai thé en feuille, des petites crêpes, des chapatis, des omelettes et les oeufs brouillés à la tomate, ail et oignon mmmiammmmm !!!

Les apéritifs avec les chips aux sésames ou les rouleaux de printemps aux légumes.  Un délice !!! 

Et une variété invraisemblable de « thali » lors des dîners : Le thali est composé de riz,  de pain, différent selon la région (naan, chapati, parota, puris …), un chutney (sauces aux légumes épicée), du dal(lentilles en sauce), des légumes en sauce, du fromage en sauce, et quelquefois de la viande aussi en sauce.  Ma jimpo rak !!! (C’est très bon ! en tibétain).

Tout cela va nous manquer une fois rentré en France.

 Samedi 15 Septembre 2007

Diskit – Leh

Retour à Leh, nous refaisons le chemin inverse en montant à nouveau au Khardung La à 5602 m.

La neige a fondu et nous pouvons monter au belvédère. Pas de mal de montagne, tout va bien !

Les drapeaux de prières claquent sous le vent et l’air est frais.

Nous remarquons qu’il a neigé sur les autres montagnes de l’autre côté de Leh. La vue est vraiment magnifique.

 

 J’ai oublié de signaler quelque chose qui m’a frappée sur toutes les routes du Ladakh. Tout le long de la  route, on voit des panneaux de la sécurité routière avec des slogans que je trouve beaucoup plus intelligents que ceux que l’on voit en France et dont la portée dépasse le cadre de la simple sécurité routière pour s’appliquer à celui de la vie en général :

  • No hurry, no worry : pas pressé, pas stressé
  • Be mild on my curves : soit doux sur mes courbes (en parlant d’une fille) ou aussi : ne va pas trop vite dans les virages
  • Time is money, but life is precious : le temps c’est de l’argent, mais la vie, elle, est précieuse
  • Heaven, hell, or mother earth, the choice is yours : le paradis, l’enfer ou notre bonne Terre : c’est vous qui choisissez
  • Darling, I want you but not so fast : chéri(e), je te veux, mais pas si vite que ça

 L’après-midi est consacré à une ballade dans Leh que nous connaissons maintenant par cœur.

Nous prenons un thé dans un restaurant qui dispose d’une terrasse au dernier étage dominant toute la ville. Juste à côté, la mosquée s’agite car c’est le début du Ramadan depuis hier. Et l’appel du Muezzin nous surprend !  Nous faisons nos dernières emplettes.  

Pour le dernier soir, je me pose dans une chaise en rotin sur la terrasse de l’hôtel et j’admire la lumière du coucher de soleil sur les flancs de montagne. Demain nous dirons au-revoir au Ladakh. Difficile d’y croire tant nous nous sentons bien ici. Les gens sont très accueillants et les paysages, impossible de ne pas les voir, tellement c’est dépaysant !!!

La suite du récit : Route Leh-Delhi via Manali et Chandigarh

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4 réponses à Ladakh – La vallée de la Nubra

  1. Jean-François dit :

    Bravo Nathalie pour ce magnifique site, où tu relates tes beaux voyages !!

    Les photos sont splendides et font rêver : on a envie d’y aller.

  2. françoise MT dit :

    Bonjour Nathalie,
    Je suis allée au Ladakh, en 2011 et j’y retourne dans quelques jours. J’ai pris énormément de plaisir à vous lire car vous décrivez ce que j’ai ressenti à l’époque.
    Je fais partie d’une association « Sonam Ling »qui s’occupe d’un monastère, sur les rives de l’Indus, à Choglamsar et je connais cette paix intérieure dont vous parlez. Encore merci de votre témoignage. Tashi deley
    françoise

  3. Merci beaucoup Françoise !

    Le Ladakh m’a beaucoup marqué et je le suis encore aujourd’hui 😉

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