Ladakh – Visite des Monastères – Leh

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Afin de parfaire notre acclimation à l’altitude, quoi de mieux que de visiter plusieurs Monastères aux environs de Leh ?

6 Septembre 2007

Nous prenons la route qui longe le majestueux fleuve l’Indus en direction de Thiksey sur la route Leh-Manali.

Visite du premier monastère de notre voyage : le Monastère de Thiksey.

La gompa (monastère en tibétain) situé à une vingtaine de kilomètres de Leh a été construit au XVème siècle au sommet d’une colline rocheuse et surplombe la vallée de l’Indus. Le monastère est superbe avec ces murs blancs.

Nous entrons à l’intérieur en prenant soin pour ceux qui le désirent de tourner les nombreux moulins à prière qui renferment différents Mantras dont le plus connu est OM MANI PADME HUM signifiant «Salut à toi, Ô Joyau dans le Lotus». La cour intérieure est richement décorée. Je suis fascinée par toutes ces belles portes. Attention à ne pas oublier de respecter le sens de la visite : toujours dans le sens des aiguilles d’une montre. Idem pour les moulins à prières ainsi que les Stupas.

Dans une première salle à droite de la cour, inaugurée par le Dalaï Lama en 1980, se trouve un énorme Bouddha de plus de 12 mètres de haut, le Bouddha Maitreya ou Bouddha du futur, en position du Lotus. Nous ne voyons que le haut de cette statue mais c’est très déjà impressionnant. Les murs sont ornés de fresques racontant la vie du Bouddha. Un moine surveille les allées et venues tout en étudiant ses textes assis devant la fenêtre face au Bouddha.

Dans une salle adjacente, nous pouvons y découvrir tout pleins de statues de différentes tailles représentant Tara installées dans une grande vitrine entièrement peinte de motifs. Les motifs peints sont pour la plupart l’un des 8 joyaux ou signes de bon augure, symboles de la vénération de Bouddha : le nœud sans fin, la conque, les 2 poissons, la bannière de la victoire, le vase, la roue de la loi, l’ombrelle et bien sûr la Fleur de Lotus. Tara est la divinité féminine la plus vénérée dans le bouddhisme tibétain et se présente essentiellement sous deux formes : Tara Blanche, symbole du Verbe, et la Tara Verte, emblème de la Délivrance.

La hauteur des marches est sidérante, environ 35 cm et c’est quasiment la longueur de mon tibia ! Bien évidement, on oublie vite que nous sommes en altitude et notre cœur ne manque pas de nous le rappeler, on respire comme des chiens en plein milieu d’une montée de marche !!!! On ne rit pas mais c’est vrai :o) Une petite pause d’une minute et vite le rythme cardiaque redescend jusqu’à la prochaine montée. Je suis vraiment surprise de voir que l’acclimatation se passe ainsi plutôt bien ; je pensais plus en souffrir.

Au fond de la cour, nous accédons au Chokhang, la salle d’assemblée des moines avec le trône du Dalaï-Lama et celui du rimpoché au fond. Cette salle fait aussi office de bibliothèque. Sur le mur d’entrée se trouve une très belle fresque qui reprend l’un des fondements de l’enseignement bouddhique : La Roue de la Vie. Derrière cette salle d’assemblée se trouve une petite chapelle très sombre qui abrite les statues de Shakyamuni, Avalokiteshvara et Tsongkhapa.

L’atmosphère qui règne à l’intérieur de ce monastère est reposant, zen et invite tout visiteur à la méditation. L’odeur de l’encens m’envoûte tandis que celui du beurre des lampes est entêtant.

 

Le paysage qui s’offre à nos yeux sur 360 ° depuis la terrasse au dessus du Chokhang est MAGNIFIQUE ! On y voit Shey à 4 km, que nous visiterons en fin de journée, en contrebas les formes géométriques inégales des champs jaunes, verts ou marrons et les montagnes à l’horizon qui tutoient les nuages et le tout accompagné des chants des paysans en train de faire leur récoltes. Septembre est la période des récoltes au Ladakh.

Nous quittons Thiksey pour le Monastère d’Hémis, 25 km plus loin.

Beaucoup plus grand que Thiksey, Hémis date du XVIIème siècle, se trouve loin de la route au fond d’une gorge et au milieu d’une oasis de peupliers et de saules.

C’est le monastère le plus important du Ladakh et est la résidence du grand Maître local.

Padmasambhava y est consacré. Il est considéré comme l’initiateur du bouddhisme dans la zone himalayenne d’où de très nombreux pèlerins et autres curieux qui viennent ici notamment lors de la grand fête lamaïque qui a lieu en Juin ou Juillet de chaque année. Cette fête relate sous forme de danses rituelles, la vie de Padmasambhava.

Le bâtiment principal possède des magnifiques vérandas de bois sculpté qui donnent sur la cour intérieure. Les fresques murales ont quasiment toute un style sinisant.

Le chokhang abrite une statue dorée de Shakyamuni et plusieurs chortens en argent décorés de pierres semi-précieuses. Au pied de la statue, deux moines récitent des incantations en tournant régulièrement les nombreuses feuilles de leur manuscrit. Les peintures murales représentent les Bouddhas protecteurs. Dans une autre salle, entièrement restaurée, Padmasambhava se dresse devant nous avec son air terrifiant. Outre les peintures murales, la plupart des monastères possèdent aussi des Thangkas. Celles de cette salle sont très récentes et les couleurs ne sont pas naturelles car trop vives, c’est ce qui nous permet d’identifier des Thangkas d’époque ou non. Je vous parlerai de la fabrication d’un Thangka plus tard.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à Shey (à 15km de Leh).

Shey fut longtemps la capitale royale du Haut-Ladakh avant que la famille royale ne s’exile à Stok au XIXème siècle. Elle conserva une certaine importance politique même après avoir été supplantée par Leh.

La forteresse royale est délabrée. Dans son enceinte s’élève une gompa qui renferme un colossal Bouddha en cuivre et plaqué or. Les peintures murales sont d’une beauté, elles ont été restaurées récemment car elles étaient couvertes par une couche de suie, résultant de la combustion d’innombrables lampes à beurre.

Aujourd’hui dans tous les monastères et afin de préserver le patrimoine, les lampes à beurre sont mises dans des sortes de lanterne en aluminium et en verre. Ainsi la fumée n’attaque plus les peintures car éliminée vers l’extérieur grâce à une cheminée.

Depuis la terrasse supérieure nous jouissons d’une vue imprenable sur la vallée de L’Indus et les … « C’est merveilleux ! », « C’est beau ! », « C’est à tomber par terre ! » pleuvent à n’en plus finir.

 

Pour tout vous dire on manque de superlatif pour décrire une telle vision panoramique de l’endroit et nous n’en sommes qu’au début du voyage, qu’est ce que çà va être après ???

Sur le chemin du retour à Leh, nous nous arrêtons devant un des Palais d’été du Dalaï-Lama. Il est venu ici au mois d’Août dernier. Shiv nous dit que c’était noir de monde partout et qu’il en avait un peu bavé avec le précédent groupe pour se déplacer. Retour à l’hôtel en milieu d’après-midi et nous terminons la journée avec une petite ballade de deux heures dans Leh.

La ville est assez chaotique, on a du mal à se retrouver au début, mais on se sent à l’aise et en sécurité, les gens vous sourient facilement. Shiv nous donne des indications sur les achats futurs de choses qui valent le coup d’être rapporté en France et surtout où les acheter. Il nous fait même rentrer dans une boutique où l’on peut trouver des Thangkas, les plus belles se vendent jusqu’à 4000 Euros (environ 5500 Dollars Canadiens ou 6700 Francs Suisses). Non vous ne rêvez pas et mes camarades de voyage qui veulent en rapporter un se sont calmés tout d’un coup !

7 Septembre 2007

La nuit est toujours aussi chaotique en terme de sommeil mais tant que la forme est là pas de souci.

Nouvelle journée de visites de la vallée de Leh et nous partons pour le monastère de Spituk.

Le monastère est situé pile poil dans l’axe de la piste de l’aéroport où nous avons atterris avant hier matin et nous n’avons pas le droit de photographier la base militaire.

 

Le Monastère de Spituk date du XVème siècle et est le plus important de l’ordre des Gelukpa. Il comporte 4 temples et la résidence du Maître de l’ordre. Le dukang, la salle d ‘assemblée, s’ouvre sur la vaste cour intérieure qui surplombe la vallée de l’Indus. Cette salle est superbe. Outre sa bibliothèque remplie de livres canoniques, elle est ornée de très belles Thangkas par centaines toutes réalisées avec des couleurs naturelles et en soie. 

  • Les Thangkas sont des tentures murales, exécutées sur une toile plus ou moins fine de lin, de coton ou de soie. La toile est tendue entre deux baguettes dans les ourlets des parties supérieures et inférieurs. Le mot Thangka signifie « Chose que l’on déroule » car ces baguettes permettent de rouler la toile pour la transporter. Les pigments utilisés proviennent de substances minérales ou végétales telles que l’arsenic pour le jaune, l’indigo ou le lapis-lazuli pour le bleu, la cochenille pour le rouge, la craie pour le blanc, la malachite pour le vert. L’or s’emploie pour le détail des vêtements ou pour les emblèmes de divinité. Ces matières sont broyées et mélangées à de l’eau, de la colle et de la chaux pour conférer une plus grande résistance aux peintures.

Dans le Dolma Lhakang, salle de Tara, nous y trouvons 3 grandes statues images de Tara, Padmasambhava et Sajyamuni ainsi qu’une remarquable collection de Thangkas représentant la Tara Verte et les vingt et une formes de la Tara Blanche.

Nous accédons également à l’oratoire privé du Maître et ses appartements. Cet appartement domine la vallée de l’Indus. On y resterait bien ici rien que pour la vue sublime et cette atmosphère apaisant qu’il s’y dégage.

En haut de la colline, et creusé dans le roc, se trouve le gonkhang, lieu de prière où l’on trouve des divinités terrifiantes sous forme de masques. Les murs sont très noircis par la suie des lampes à beurre, d’ailleurs l’odeur est âcre à respirer. Des milliers de drapeaux de prières multicolores y sont attachés au sommet.

Ces petits drapeaux assurent la continuité de la méditation. Ils emportent dans les airs les espoirs et les prières des pèlerins qui posent une pierre sur le cairn au sommet d’un col. Imprimé sur des pièces de tissu des cinq couleurs (Bleu, Blanc, Rouge, Vert et Jaune), ce cheval mythique ailé porte sur le dos le joyau qui exauce tous les souhaits. En bannières sur les parcours de pèlerinage ou sur les toits des monastères, il ne faut jamais les enjamber, mais veiller à passer en dessous pour en recevoir la bénédiction.

Nous quittons Spituk pour le Palais Royal de Stok en empruntant une piste peu fréquentée. Nous y voyons ici et là des Ladakhis effectuant les récoltes dans les champs mais après avoir traversé l’Indus, très vite la végétation disparaît pour laisser la place à de la rocaille et de la caillasse à perte de vue. Il n’y a rien à des kilomètres à la ronde. De très nombreux chiens errants y sont livrés à eux-mêmes. La piste est mauvaise mais nous avons un très bon chauffeur, qui s’appelle aussi Konchok, il lit parfaitement la route pour éviter les nids de poules.

Puis nous apercevons une oasis, c’est le village de Stok. C’est ici que la famille royale vit toujours depuis qu’elle a perdu le pouvoir au XIXème siècle à Shey.

Ce palais a été construit vers 1820 par le dernier roi du Ladakh. Je pensais avoir vu les plus belles Thangkas à Spituk et bien non, la collection de Stock dépasse tout ce qui a été vu jusqu’à maintenant, celles-ci datent du XVIème siècle. Ce palais a aussi un petit musée où l’on peut voir tous les beaux objets de la cour royale, comme un service à thé, porcelaines, jade et des vêtements de cérémonie dont un « Perak » coiffe traditionnelle portée en forme de cobra par les femmes Ladakhies couverte de multitude de turquoises.

La matinée se termine au village de Choglamsar à 9 km au Sud de Leh après avoir repassé l’Indus dans l’autre sens. C’est un petit village qui sert de refuge aux tibétains ayant fuis les envahisseurs chinois.

On y rencontre un forgeron, des marchands de légumes, un éleveur de volailles avec sa boutique transformée en poulailler et même une boucherie à ciel ouvert. Nous sommes loin de l’hygiène occidentale quant à la conservation de la viande. Nous avons aussi l’occasion d’acheter 10 beignets pour 15 roupies (soit à peine 30 centimes d’Euros !), dans la rue principale chez un des boulangers et leur fameux four tandoori. Le pain y est presque cuit sur demande, on ne peut pas trouver plus frais.

Après une petite sieste, l’après-midi est consacré aux rues et ruelles de Leh. Des marchés tibétains jouxtent des magasins de toutes sortes. On reconnaît facilement les tibétains à leur visage aplati et buriné par le grand air. Les autres marchands sont pour la plupart de confession musulmane et viennent de Srinagar ou de Kargil. La vie se fait au ralenti ici. Les trottoirs sont jonchés de tibétaines venues des hauteurs pour vendre leurs produits, particulièrement des abricots biologiques. Elles sont en costumes traditionnels et pèsent leurs fruits et légumes sur une balance qu’elles tendent à bout de bras. Elles sont si accueillantes et souriantes avec leurs visages si expressifs, ridés par la rudesse de leur vie, que l’on ne peut se retenir d’acheter quelques abricots.

L’acclimatation se passe superbement bien. Lorsque l’on marche trop vite dans une montée ou que l’on monte trop vite les marches, un léger mal de tête apparaît ou le cœur se met à battre à tout rompre. Une petite minute de pause et tout disparaît comme par enchantement.

Nous nous dirigeons vers le terrain de Polo où a lieu le festival du Ladakh.

Nous assistons à de nombreuses danses et musiques. Les costumes sont très beaux et chaque groupe de villageois est différemment vêtu d’authentiques et somptueuses parures. Après être resté plus d’une heure debout et à cause des discours interminables du speaker, nous préférons, après quelques beaux clichés, rentrer à l’hôtel surtout qu’il fait nuit noire maintenant.

  La suite du récit : Sur la route Leh – Lamayuru

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