Ladakh – C’est où le Ladakh ?

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Avant de commencer le récit, vous allez me dire : Mais c’est où le Ladakh ?!?

C’est une région encastrée au sein des chaînes himalayennes occidentales au Nord de l’Inde. Ses frontières sont délimitées par la province pakistanaise du Baltistan au Nord-Ouest, celle chinoise du Sinkiang au Nord, l’ex-royaume du Tibet à l’Est et les Etats indiens d’Himachal Pradesh et Jammu-Cachemire respectivement au Sud et Sud-Ouest.

Carte du Ladakh

 La superficie du Ladakh est aujourd’hui de 67710 km². En dépit de son statut politique de province indienne, le Ladakh n’en demeure pas moins un pays de civilisation tibétaine. Le Ladakh appartient du point de vue géographique au plateau tibétain à une altitude variant de 3500 à 7000 mètres.

Une population de 100 000 habitants perpétue un mode de vie ancestral, mais ouvert sur le monde dans un environnement façonné à l’échelle géologique. Ils sont concentrés le long de l’Indus, le roi des fleuves, et des quelques torrents qui s’y jettent et leur assurent une abondante récolte annuelle. La position frontalière de la région en fait un axe militaire stratégique. Les Chinois, sur la lancée de leur inqualifiable annexion du Tibet, en ont volé un bout. Les Pakistanais ne se sont pas gênés pour en prendre un autre. Ce qui justifie la présence permanente de plus de 150 000 soldats et çà, cela ne passe malheureusement pas inaperçu une fois sur place !

Mais pour y aller …

il faut d’abord prendre l’avion !

Mardi 4 Septembre 2007 – Paris – Delhi

C’est enfin le Jour J, Paris-Delhi via Vienne en Autriche est la première étape à franchir.

7h30 : après avoir récupéré mes billets d’avion au comptoir de l’Agence Tirawa à Roissy Charles de Gaulle, je fais connaissance avec les 3 personnes (Andrée, Evelyne et Henri) qui composent le groupe « Ladakh et Nubra » dont je fais partie et les 3 autres (Evelyne, André et Marie-Claude) du groupe « Monastères du Ladakh ».

Nous décollons à l’heure à 9h35 à bord d’un Airbus d’Air France pour atterrir à Vienne 2 heures plus tard. Après une attente de deux petites heures, nous empruntons un Boeing de la compagnie Austrian Airlines qui effectue la liaison jusqu’à Delhi.

Nous arrivons à destination à minuit pile (+3h30 heures de Paris). Je touche à peine le plancher de la passerelle à la descente d’avion qu’une chaleur étouffante me prend à la gorge. Il fait 28°C et une humidité telle que l’on se croirait dans un hammam.

Passage sans aucun problème de la Douane et nous avons un joli tampon bleu de l’immigration indienne avec la date du 5 septembre.

Mercredi 5 Septembre 2007 – Delhi – Leh

Minuit trente. Après avoir récupéré les bagages, nous nous dirigeons vers le hall d’accueil pour rejoindre nos guides respectifs qui nous accompagneront tout au long du voyage. Je suis trempée jusqu’aux os et à notre sortie à l’extérieur nous sommes encore plus comme assommés par l’air si chaud et humide !

Nous allons de suite à l’aéroport national de Delhi, situé à plus 40 minutes en mini-bus de l’aéroport international. Nous ne pouvons aller à l’hôtel car notre prochain vol pour Leh est prévu à 5H40.

Une fois arrivés à 1h15 du matin dans le hall, impossible de trouver le sommeil. Il y fait moins chaud que dehors mais c’est très bruyant.

2 heures 30 avant le décollage, nous enregistrons nos bagages et là commence le parcours du combattant pour la partie administrative et sécurité. Les sacs à dos passent aux rayons X, fouilles corporelles à l’aide de manchettes dans une cabine pour les femmes, idem pour les hommes mais devant tout le monde.

On ne rigole pas avec la sécurité. Chaque sac possède au moins 2 tampons, idem pour nos cartes d’embarquement. Si jamais il en manque un, vous n’embarquez pas !

On pensait avoir passé le pire, que nenni !!!

Dans la salle d’embarquement, nous apprenons à deux reprises que notre vol est retardé pour cause de nuages bas sur Leh. Comme il n’y a pas de système de guidage automatique au sol à l’aéroport de Leh, pas de décollage possible si l’atterrissage est impossible. On ne trouve toujours pas le sommeil à cause des appels interminables et très sonores de tous les autres embarquements à destinations de différentes villes indiennes comme Jaïpur, Chennaï, Ahmedabad … nous commençons à trépigner d’impatience de fouler enfin le sol Ladakhi cela fait presque 24 heures que nous sommes partis.

6h25 : notre vol est annoncé pour 7h.  Je regarde mes camarades aux yeux bouffis de fatigue : Yes, enfin !

Holà pas trop vite, la sécurité est encore très présente : deuxième checking des sacs, deuxième fouille corporelle et doubles  tampons sur les cartes et sacs : je crois que j’ai jamais été autant tamponnée de ma vie 🙂 

Nous étouffons encore de la chaleur moite mais dans 1 heure 15, une température clémente nous attend tout là-haut à Leh à 3500m d’altitude.  Notre Boeing de Jet Airways décolle sous le soleil et j’ai la chance d’avoir une place près d’un hublot. Le survol de l’Himalaya est complètement renversant !

Une infinité de sommets et de glaciers hostiles. Ensuite vient le Ladakh aussi hostile mais plutôt par sa sécheresse.  C’est un mélange de désert, de pierre, de sable et de neiges éternelles. On y aperçoit ici et là quelques oasis de verdure situés le long d’un fil d’eau, signe de vie et d’habitation. Cela promet !

L’atterrissage à Leh est très remuant. Pas de système de guidage certes, mais la piste est très courte et ne possède pas de bitume comme dans la plupart des aéroports internationaux.

J’ai compris pourquoi la personne Hindoue à côté de moi priait sans arrêt ! 🙂

8h30 Leh – 3500 m d’altitude.

Une fois le pied posé sur le tarmac, on est tout de suite frappé par la présence militaire. Nous avons interdiction de prendre des photos. Pourquoi ?  L’aéroport est situé en plein milieu d’un camp militaire !

Il fait très beau et la température doit avoisiner les 15-20°C. On sent bien l’air frais et vivifiant et déjà que l’oxygène manque un petit peu. Il faut savoir qu’à 3500m (11 483 pieds), nous perdons 1/3 de quantité d’oxygène disponible par rapport à l’altitude 0. Une navette nous emmène aux bâtiments d’arrivée de l’aéroport et nous sommes accueilli par deux ladakhis en tenue traditionnelle avec une écharpe blanche et nous souhaitant la bienvenue avec un Djulé (prononcé Djouléééé).

Après les formalités d’arrivée, nous prenons un mini-van pour aller au centre ville et rejoindre notre hôtel : le Holiday Ladakh Hotel. Les religions musulmanes et bouddhiques ont l’air de bien cohabiter. Il semble y avoir beaucoup de boutiques pour touristes, et la ville, malgré sa petite taille et le fait que nous sommes presque en fin de saison touristique, est très dynamique.  Je suis très surprise de voir beaucoup de peupliers à cette altitude.

A l’hôtel ; qui sera notre « Camp de Base » pendant 5 jours le temps de s’acclimater à l’altitude ; le personnel, typé Ladakhi, nous accueille aussi avec une écharpe mais dorée cette fois.

Il nous installe sur la terrasse à l’étage qui donne sur un magnifique paysage et nous offre un thé de bienvenue, un classique Thé Indien, en attendant d’avoir nos chambres.

Shiv notre guide francophone de l’agence Tirawa, un grand typé Hindou tout mince comme une allumette,  nous explique le déroulement de la  journée :

♦  dormir, dormir et encore dormir même s’il on pas envie de dormir,

♦  boire, boire et encore boire au minimum 2 litres d’eau même si l’on n’a pas soif.

♦  Et tout çà jusqu’à demain matin 9 heures ;  à 13h déjeuner au restaurant de l’hôtel et à 19h30 dîner.

C’est la base primordiale d’une bonne préparation et acclimatation à l’altitude. Il ne faut faire aucun effort pendant les premières 24 heures. Sinon mal de montagne assuré. 

On peut croire notre guide, rien que monter (pourtant très doucement) les escaliers pour rejoindre ma chambre, j’ai déjà le souffle coupé.

Dès que je me lève trop vite du lit, le cœur bat à la chamade et lorsque je suis debout, quelques fois j’ai une barre en plein milieu du front mais cela  reste très supportable.

 La suite du récit :  Visite des Monastères-Leh

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